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Devenir sage-femme

Vers la masterisation de la formation des sages-femmes en Belgique

Pourquoi faire évoluer la formation ?

La profession de sage-femme a profondément évolué au cours des dernières décennies. Les sages-femmes assument aujourd’hui des responsabilités cliniques, préventives, éducatives et de coordination et de management toujours plus importantes dans l’accompagnement de la grossesse, de la naissance, du post-partum et de la santé sexuelle et reproductive maternelle, néonatale, de l’enfant et l’adolescent (SRMNCAH).

Face à l’évolution des besoins de santé de la population, à la complexification des parcours de soins et au développement des connaissances scientifiques, la question de la masterisation de la formation des sages-femmes s’impose désormais comme un enjeu majeur pour l’avenir de la profession et pour la qualité des soins.

En Belgique, les sages-femmes disposent de compétences spécifiques reconnues par la législation :

  • prescription de médicaments dans leur domaine de compétence ;
  • réalisation et interprétation de nombreux examens : prescription, réalisation et interprétation des résultats ;
  • suivi autonome des grossesses physiologiques ;
  • accompagnement de l’accouchement et du post-partum ;
  • promotion de la santé et prévention ;
  • coordination avec les autres professionnels de santé.

Ces responsabilités nécessitent des compétences cliniques, scientifiques et décisionnelles de haut niveau.

Dans de nombreux pays européens, la formation des sages-femmes est déjà organisée au niveau master ou évolue progressivement vers ce niveau.

Les recommandations internationales soulignent l’importance de :

  • renforcer les compétences en recherche ;
  • développer le leadership professionnel ;
  • améliorer la capacité d’analyse critique des pratiques ;
  • soutenir l’innovation dans les soins périnataux.

La Belgique ne peut rester à l’écart de cette évolution.

La masterisation permettrait de mieux préparer les sages-femmes à :

  • l’évolution démographique et épidémiologique ;
  • les inégalités d’accès aux soins ;
  • le développement de la santé numérique ;
  • les enjeux de santé publique ;
  • les besoins croissants en coordination interprofessionnelle ;
  • l’amélioration continue de la qualité et de la sécurité des soins.
  • le management, la  gestion, l’éducation et la recherche

La recherche constitue aujourd’hui un levier essentiel pour améliorer les pratiques de soins.

Une formation de niveau master favoriserait :

  • le développement de projets de recherche portés par des sages-femmes ;
  • l’accès aux formations doctorales ;
  • la production de données scientifiques propres à la profession ;
  • une meilleure représentation des sages-femmes dans les programmes de recherche nationaux et internationaux.

La masterisation ne vise pas à rapprocher la profession d’autres disciplines de santé.

Au contraire, elle vise à renforcer l’identité professionnelle des sages-femmes en développant une formation spécifiquement construite autour de leurs compétences, de leurs responsabilités et de leur champ d’expertise propre.

La masterisation constitue un investissement dans :

  • la qualité des soins aux femmes et aux familles ;
  • l’attractivité de la profession ;
  • la reconnaissance académique des compétences exercées ;
  • le développement de la recherche ;
  • la pérennité du système de santé.

Les sages-femmes souhaitent participer pleinement aux réflexions sur l’évolution de leur profession et contribuer à construire un modèle de formation adapté aux besoins de la société de demain.

Vous souhaitez approfondir les enjeux de la masterisation ?

Téléchargez l’argumentaire détaillé présentant :

  • les constats ;
  • les données scientifiques ;
  • les enjeux professionnels ;
  • les perspectives de développement de la formation ;
  • les propositions portées par la profession.

Soutenir la réflexion

L’Union professionnelle des sages-femmes belges poursuit le dialogue avec les acteurs de l’enseignement, les autorités publiques et les partenaires de santé afin de construire ensemble l’avenir de la profession.

Nous invitons les sages-femmes, étudiants, enseignants, chercheurs et décideurs à contribuer à cette réflexion collective.

Questions fréquentes" (FAQ)

La profession de sage-femme a considérablement évolué ces dernières décennies. Les sages-femmes exercent aujourd’hui des responsabilités cliniques, préventives, éducatives et de coordination qui nécessitent des compétences scientifiques et décisionnelles avancées.

Une formation en cinq ans permettrait :

  • d’approfondir les compétences cliniques déjà acquises durant le bachelier ;
  • de renforcer la capacité d’analyse critique des pratiques ;
  • de développer les compétences en recherche et en innovation ;
  • de préparer davantage les futures sages-femmes aux enjeux de santé publique ;
  • de renforcer les compétences en leadership, coordination et qualité des soins.

L’objectif n’est pas d’augmenter la durée des études pour elle-même, mais de garantir une adéquation entre le niveau de responsabilité exercé et le niveau de formation.

Non.

La formation actuelle permet aux sages-femmes d’exercer leurs compétences en toute légalité et avec un haut niveau de qualité.

La réflexion sur la masterisation ne remet absolument pas en cause les compétences des professionnelles actuellement en exercice.

Elle vise à préparer la profession aux défis futurs :

  • évolution des connaissances scientifiques ;
  • développement des technologies de santé ;
  • complexification des parcours de soins ;
  • augmentation des attentes en matière de qualité et de sécurité ;
  • développement de la recherche clinique et organisationnelle.

Il s’agit d’une évolution de la formation, non d’une remise en question des professionnelles formées aujourd’hui.

L’objectif est de permettre aux futures sages-femmes de bénéficier d’une formation encore mieux adaptée aux réalités du terrain et aux besoins de la population.

Une formation de niveau master pourrait notamment :

  • renforcer l’autonomie professionnelle ;
  • faciliter l’accès à la recherche ;
  • ouvrir davantage de perspectives académiques ;
  • favoriser l’accès à certaines fonctions de coordination, d’enseignement ou d’expertise ;
  • renforcer la reconnaissance nationale et internationale du diplôme.

Les modalités précises d’organisation devront être discutées avec les établissements d’enseignement et les autorités compétentes afin de garantir l’accessibilité de la formation.

La masterisation ne remettrait pas en cause les droits acquis des sages-femmes actuellement en exercice.

Comme lors de toute réforme importante des études de santé, des mesures transitoires devraient être prévues afin de reconnaître les compétences et l’expérience des professionnelles déjà diplômées.

Les modalités exactes dépendront des décisions politiques et académiques qui seront prises.

La formation des sages-femmes est encadrée par la directive européenne relative à la reconnaissance des qualifications professionnelles.

Partout en Europe, les réflexions se poursuivent sur :

  • l’évolution des compétences des sages-femmes ;
  • les besoins futurs des systèmes de santé ;
  • le renforcement de la formation clinique et scientifique ;
  • la mobilité professionnelle entre les pays.

Plusieurs pays ont déjà développé des formations de niveau master ou poursuivent leur évolution dans cette direction.

La Belgique doit pouvoir participer pleinement à ces évolutions tout en préservant les spécificités de son système de soins et de sa profession de sage-femme.

La recherche permet d’améliorer continuellement les soins proposés aux femmes, aux nouveau-nés et aux familles.

Aujourd’hui, les sages-femmes belges restent peu nombreuses dans les programmes de recherche, notamment en raison des limites d’accès aux parcours académiques avancés.

Une formation de niveau master favoriserait :

  • le développement de chercheurs sages-femmes ;
  • l’accès au doctorat ;
  • la participation à des projets nationaux et internationaux ;
  • la production de données scientifiques spécifiques à la périnatalité et à la santé des femmes.

Une profession qui produit ses propres connaissances renforce également sa capacité à défendre des pratiques fondées sur les preuves scientifiques.

La réflexion actuellement menée ne vise pas à intégrer les sages-femmes dans le Master en sciences infirmières.

Les deux professions disposent :

  • de compétences différentes ;
  • de cadres légaux distincts ;
  • de responsabilités spécifiques ;
  • d’identités professionnelles propres.

Le projet défendu par la profession consiste à développer une formation de niveau master centrée sur les compétences et les besoins spécifiques des sages-femmes.

L’objectif est de renforcer l’expertise sage-femme, et non de la diluer dans un parcours conçu pour une autre profession.


 

Non.

La profession de sage-femme possède un champ d’expertise spécifique et complémentaire à celui des autres professions de santé.

La masterisation n’a pas pour objectif de modifier cette identité professionnelle.

Elle vise à renforcer les compétences propres à la profession :

  • physiologie de la grossesse et de la naissance ;
  • santé sexuelle et reproductive ;
  • prévention ;
  • accompagnement parental ;
  • coordination des soins ;
  • management et gestion;
  • recherche et amélioration de la qualité.

Il s’agit de former des sages-femmes expertes, et non des professionnelles exerçant une autre profession.

La réflexion est actuellement soutenue par plusieurs acteurs de la profession :

  • les sections sages-femmes des établissements d’enseignement ;
  • les associations professionnelles ;
  • des représentants académiques ;
  • des acteurs impliqués dans la formation et la recherche.

Elle s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’avenir de la profession et sur l’adaptation du système de santé aux besoins de la population.


 

Les défis actuels du système de santé sont nombreux : pénurie de professionnels, augmentation des besoins de soins, vieillissement de la population, contraintes budgétaires et inégalités d’accès aux soins.

Dans ce contexte, investir dans les compétences des professionnels de santé constitue une réponse structurelle et durable.

Les sages-femmes jouent un rôle essentiel dans :

  • le suivi de la grossesse ;
  • la préparation à la naissance ;
  • l’accompagnement de l’accouchement ;
  • le soutien à la parentalité ;
  • la prévention et l’éducation à la santé ;
  • la santé sexuelle et reproductive.

Une profession mieux préparée aux défis de demain contribue à améliorer la qualité des soins tout en participant à une utilisation plus efficiente des ressources disponibles. Le renforcement de la formation constitue également un levier essentiel pour accompagner la réorganisation structurelle des parcours de soins. En consolidant les compétences cliniques, scientifiques et décisionnelles des sages-femmes, il favorise une répartition plus pertinente des ressources spécialisées, en réservant les niveaux d’expertise les plus élevés aux personnes qui en ont le plus besoin. Cette évolution soutient une organisation des soins fondée sur la complémentarité des compétences, la collaboration interprofessionnelle et l’orientation des patientes vers le professionnel le plus adapté à leur situation, contribuant ainsi à un système de santé plus efficient, plus accessible et de meilleure qualité.

 

Par ailleurs, les interventions des sages-femmes sont reconnues au niveau international comme contribuant à améliorer les résultats en santé maternelle et néonatale lorsqu’elles sont pleinement intégrées dans les systèmes de soins.

 

Investir dans la formation des sages-femmes ne constitue donc pas une dépense supplémentaire isolée, mais un investissement dans la santé des femmes, des enfants et des familles.

L’objectif ultime de toute évolution de la formation est l’amélioration des soins.

Une formation renforcée permettrait notamment :

  • une meilleure intégration des données scientifiques dans les pratiques ;
  • une capacité accrue à répondre à des situations complexes ;
  • un développement de projets innovants en périnatalité ;
  • un renforcement des actions de prévention et d’éducation à la santé ;
  • une participation plus importante des sages-femmes à la recherche et à l’amélioration de la qualité des soins.

La masterisation vise donc avant tout à répondre aux besoins actuels et futurs des femmes, des nouveau-nés et des familles.